Mécanicien, Gustave Froment (1815-1865), construit les premiers moteurs électriques. Dans son traité de 1862, Ganot décrit un moteur électrique rotatif comportant une couronne d’électroaimants fixes qui attirent les barres de fer portées par une roue. Le moteur électrique Eld3-2 qui figure au musée est encore plus primitif : deux électroaimants alternativement alimentés par une pile attirent deux armatures dont le mouvement alternatif est transformé en mouvement circulaire par l’habituel système bielle-manivelle. Ce moteur, qui fonctionne toujours fort bien, daterait de 1852.

Voici un savoureux extrait de Ganot : «Monsieur Froment a, dans ses ateliers une machine électromotrice de la ‘’force’’ (Sic) d’un cheval-vapeur. Mais jusqu’ici ces machines n’ont pu être appliquées à l’industrie, la dépense des acides et du zinc qu’elles consomment l’emportant de beaucoup sur celle du combustible dans les machines à vapeur de même ‘’force’’»

Pour comprendre ce texte, il faut savoir qu’à l’époque de Ganot, à l’époque de Froment donc, on ne savait uniquement produire un courant continu qu’à l’aide de piles qui consommaient de l’acide et du zinc. On méconnaissait l’intérêt du courant alternatif plus faible à produire. Il faudra attendre la dynamo Gramme utilisable comme source de courant ou comme moteur pour que le moteur électrique prenne de l’intérêt. Gramme présenta ses travaux à l’Académie des Sciences le 17 juillet 1871 et se servit de la dynamo pour transporter sous forme électrique, à 2 km, l’énergie d’une machine à vapeur lors de l’exposition de Vienne en 1873. Or le texte cité de Ganot figure dans une édition de 1862. Le dynamo motrice étant bien supérieure aux moteurs de Froment, ceux-ci n’eurent d’avenir que dans les musées. Froment travaille sur diverses inventions : télégraphe à clavier, métier à tisser, imprimante Hughes...

 

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