Fonction

Moteur électrique.

Description

Une batterie d'accumulateurs (6 volts suffisent) alimente alternativement deux électroaimants E1 et E2 d'axes verticaux, grâce à un commutateur synchrone mû par le moteur.

Lorsque E1 est parcouru par un courant il attire une armature A1 qui s'abaisse, cependant que, E2 n'étant pas alimenté, son armature A2 peut remonter, entraînée par le mécanisme. Lorsque A1 est dans sa position la plus basse (A2 dans sa position la plus haute) le courant est interrompu dans E1, établi dans E2 qui attire A2 alors que A1 remonte. Lorsque A2 est dans sa position la plus basse (A1 dans sa position la plus haute) le courant est coupé dans E2 , établi dans E1 et un nouveau cycle peut être parcouru.

Les mouvements alternatifs des armatures A1 et A2 produisent, par un système de bielles et manivelles, la rotation d'une roue dont l'inertie permet le franchissement des «points morts».

 

 

Histoire

Ce moteur daterait de 1852.

Dans un traité de physique de 1862, Ganot décrit un moteur, plus élaboré, formé d'électroaimants fixes, répartis autour d'une roue qui porte des barres de fer doux qui peuvent être attirées dans le même sens par les électroaimants. Le courant est automatiquement distribué entre ceux-ci de telle sorte que leurs actions ne se contrarient pas. Voici un savoureux extrait de Ganot :

«Monsieur Froment a, dans ses ateliers une machine électromotrice de la force (sic) d'un cheval-vapeur. Mais jusqu'ici ces machines n'ont pu être appliquées à l'industrie, la dépense des acides et du zinc qu'elles consomment l'emportant de beaucoup sur celle du combustible dans les machines à vapeur de même force». Ce texte montre que ces moteurs, curiosités de laboratoires, étaient alimentés par des piles qui consommaient des acides et du zinc.

Paul Gustave Froment (1815-1865) était mécanicien . Ces dates qui encadrent la date de 1852 que nous attribuons à notre moteur et le texte de Ganot accréditent l'hypothèse que notre moteur ait pu être l’œuvre de Froment.

Froment travailla sur diverses inventions: télégraphe à signaux écrits et à clavier, métier à tisser, appareil d'imprimerie Hughes...

Cependant le socle de notre moteur porte en deux endroits la marque «Ducretet»! Or, Eugène Ducretet (1844-1915), industriel français à qui l’on doit le premier appareil de TSF en 1897, avait huit ans en 1852. Il en avait dix-huit lorsque parut le traité de Carnot qui décrit un moteur à électro-aimants plus évolué. Il ne peut donc s’agir d’une invention de Ducretet (ce qui ne pourrait être qu’une réinvention tardive!). Nous n’avons aucun moyen de choisir entre les diverses hypothèses que l’on pourrait formuler.

 

 

 

 

 

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