Fonction

Observations astronomiques et terrestres (peut servir de longue vue)

 

Description

Un long tube de laiton, orientable, sur trépied se terminait à l’origine par un objectif aujourd’hui disparu. Dans ce tube coulisse un autre tube porte-oculaire. Le tirage, qui peut-être important, permettait les observations terrestres (transformation en longue-vue). Le diamètre de l’objectif devait être de l’ordre du décimètre et sa distance focale d’environ 120 cm (règle du « pied par pouce »). Le fort grossissement (?) entraînant un faible champ nécessitait l’emploi d’une petite lunette (dite « chercheuse ») à faible champ, fixée sur le tube.

 

Histoire

La lunette porte l’inscription « Pixii, Paris ». Hippolyte Pixii (1808-1835) fut un constructeur français d’instruments de physique; du même constructeur le Lycée Louis-le-Grand possède une superbe machine d’Atwood (voir Mec2-4) et surtout la machine de Pixii (voir Eld4-3) inventée en 1832.

Il semble que ce soit Zacharie Jansen (1580-1638), fabriquant de bésicles (sorte de lunettes de vue) à Middelbourg (Hollande) qui ait construit (peut être avec Jacob Métius, opticien) la première lunette d’approche en associant une lentille convexe (objectif) et une lentille concave. Mais c’est le lunetier hollandais Hans Lippershey (1570-1619) qui en prit un brevet en octobre 1608.

On apprit à Venise, en 1609, la nouvelle de cette invention. Galilée parvint à se monter une première lunette, de grossissement voisin de trois, qu’il perfectionna. Il offrit une lunette de grossissement égal à 30, au doge de Venise et qui fut montée sur le campanile de Saint-Marc.

Galilée sut faire de remarquables découvertes astronomiques: montagnes de la Lune (on la croyait lisse), résolution de la voie lactée en étoiles, les quatre « lunes » de Jupiter, Saturne, phases de Vénus... ces découvertes sont, sans doute, à l’origine de son soutien au système de Copernic et du célèbre procès.

La lunette à oculaire divergent est appelée lunette de Galilée; la lunette astronomique proprement dite, à oculaire convergent, a été décrite, pour la première fois semble-t-il par le savant allemand Johannes Kepler (1571-1630) dans sa Dioptrique. L’astronomie étant nécessaire à la navigation, Colbert fit construire l’observatoire de Paris (1672, architecte Claude Perrault), ce qui entraîna le roi d’Angleterre Charles II à faire de même (en 1675). Alors se développèrent de grandes lunettes: l’italien Giuseppe Campani (1635-1715) fit un objectif de 12 m de distance focale (exposée au musée de l’Observatoire de Paris), le français Le Bas un objectif de 19,8 m de focale, le hollandais Christian Huygens un objectif de 70 m qu’il fallut installer au sommet d’une tour en bois en provenance de Marly. L’invention des objectifs achromatiques par Jean Dollond (1706-1762) opticien anglais fils de protestants français, permit de revenir à des distances focales plus courtes. La plus grande lunette (1 m d’ouverture, 19 m de distance focale) est à l’observatoire Yerkes (U.S.A.).

 

 

 

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