Enseignement scientifique au Lycée Louis le Grand

Le futur lycée, créé en 1563 sous le nom de Collège de Clermont, fut jusqu'en 1762, soit durant près de deux siècles, un Collège de Jésuites. Le cursus d'études y correspondait à peu près à l'ensemble actuel du Collège, du Lycée et de l'Université. Si la théologie et le latin occupaient une place prépondérante dans la formation assurée par les Jésuites, les mathématiques et l'astronomie y étaient également enseignées par des maîtres de renommée internationale; en particulier, la gnomonique (science des cadrans solaires) faisait partie de cet enseignement. Le Père Rochemoneix en 1638 et le Père de Pardies en 1662 écrivirent des ouvrages de gnomonique, et les Jésuites firent construire en 1660 un observatoire (aujourd'hui disparu), ainsi que des cadrans solaires dont les plus anciens remontent à 1679 et constituent actuellement, après avoir été restaurés, l'un des ensembles les plus intéressants de Paris.

Un enseignement des sciences physiques et naturelles ne fut introduit progressivement qu'au cours du XIXème siècle, mais il est certain que l'élaboration de l'électromagnétisme, par exemple, se poursuivit à cette époque au sein même des établissements si proches du quartier: Collège de France, Lycée Louis le Grand, École Normale Supérieure, Université... Les professeurs étaient souvent nommés simultanément dans plusieurs établissements, tels M. André Masson, nommé en 1841 à la fois à l'École Centrale des Arts et Métiers et professeur titulaire au Lycée Louis le Grand.

De beaux appareils, dus aux travaux conjoints de savants théoriciens et d'artisans physiciens de grand talent, attestent le développement technique fantastique de cette période. Nous possédons par exemple, au Lycée, la première bobine d'induction, construite conjointement par A. Masson et Breguet fils en 1842 ; cette bobine, appelée « Bobine de Masson », figura à l'Exposition Universelle de 1900 !

La création du musée scientifique

À la fin du XIXème siècle et pendant le XXème siècle, s'organisèrent les études de physique telles que nous les connaissons, associant des cours magistraux (comportant des expériences faites par le professeur) à des travaux pratiques pour les élèves. Souvent, avec les meilleures intentions du monde, d'anciens appareils furent modifiés, voire totalement réutilisés par des professeurs ou des techniciens « bricoleurs », comme on a pu le faire pour les « pierres de remploi », des monuments antiques.

En 1972, à l'occasion de la rénovation des locaux de Physique, M. Pierre Provost, alors responsable du laboratoire, prit conscience du « sacrilège »! Il décida, en accord avec le Proviseur de l'époque, M. Deheuvels et avec l'architecte M. Noël, de sauver ce patrimoine scientifique et de regrouper les pièces devenues obsolètes dans un local baptisé Musée. Quelque cent-soixante pièces sont répertoriées et décrites dans un catalogue. Quelques-unes, de grande valeur, ont été fabriquées dans des ateliers très connus du XIXe siècle : Bréguet, Pixii, Soleil, Froment, Ruhmkorff... Elles suscitent un très vif intérêt chez les spécialistes internationaux.

Rôle et objectifs du Musée

Bien sûr, nombreux sont les appareils qui nécessiteraient une réhabilitation, même si plusieurs sont encore en état de fonctionnement. L’Association des Amis du Musée Scientifique du Lycée Louis le Grand (AMSLLG) s'est créée pour gérer au mieux ce patrimoine, le faire connaître et le faire vivre. Ce musée doit notamment permettre aux élèves actuels de faire sur place un retour en arrière et d'admirer l'ingéniosité des savants et des artisans du passé. En particulier, à l'occasion de TIPE, il est possible d'y réaliser des expériences historiques, telle, par exemple, la découverte du diamagnétisme et du paramagnétisme par Faraday. Ces appareils doivent en outre offrir à des étudiants ou à des chercheurs la possibilité de poursuivre des études d'histoire des Sciences et des Techniques. Rejoignez-nous donc à l'AMSLLG! Le Musée mérite votre intérêt.

Geneviève Martin

 

 

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